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Les oubliés de la Guyane sous les projecteurs !

Une nouvelle fois, Libération informe l’opinion sur la situation en pays indien.

lundi 17 janvier 2005

Un article de Libé du lundi 17 janvier 2004 écrit par Eliane Patriarca :

Santé. Conditions de vie déplorables, suicides... Les Verts alertent l’Etat sur le sort de cette communauté.

Les Indiens Wayanas dans les oubliettes guyanaises

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Twenke, pays Wayana. Pour les futures générations, la qualité de la vie sera-t-elle un luxe ?

Un « déni de solidarité envers les communautés amérindiennes françaises » : c’est ce que dénoncent haut et fort les Verts de Guyane. Une délégation s’est rendue, du 19 au 22 décembre, dans le village indien de Twenké, au sud de ce département d’outre-mer, au bord du fleuve Maroni, à quatre heures en pirogue de Maripasoula, la commune de rattachement. Consternés par les conditions de vie des Indiens Wayanas, qui sont environ un millier en Guyane, très inquiets de la vague de suicides qui affecte les plus jeunes, ils ont décidé, en accord avec les chefs coutumiers, d’alerter l’opinion et les pouvoirs publics.

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« Depuis près de deux ans, il n’y a plus d’eau potable à Twenké, raconte Brigitte Wyngaarde, porte-parole des Verts et chef coutumier du village de Balaté, à Saint-Laurent du Maroni. « Des pompes avaient été installées par la ville de Maripasoula. Elles sont tombées en panne et n’ont jamais, depuis, été réparées. Les habitants boivent l’eau du fleuve. » Avec tous les risques sanitaires que cela implique, d’autant que cette région subit les dégâts de l’orpaillage, notamment la pollution au mercure des cours d’eau. Il n’y a plus d’électricité non plus : les panneaux solaires qui avaient été installés ne fonctionnent plus, rapporte la délégation.

Mais la grande source d’inquiétude des Verts, c’est la santé des Wayanas. « Au centre de soins de Twenké, qui dépend de l’hôpital de Cayenne, il n’y a plus de médicaments, pas même une aspirine. Pour le moindre soin, il faut aller à Maripasoula. Et la radio départementale dont dispose normalement le poste de santé ne fonctionne plus que quelques heures par jour et pas du tout le week-end ! »

Selon les Verts, le malaise des Wayanas s’exprime aussi dans cette « épidémie de suicides » chez les plus jeunes, signalée par le médecin du dispensaire de Maripasoula et qui a donné lieu, en septembre, à une mission d’observation d’une équipe psychiatrique de l’hôpital de Cayenne. Selon ces médecins, qui manquent de données précises, il y aurait eu « au moins six suicides dans l’année » et « au moins une tentative grave », liés à la désagrégation sociale, aux changements de modes de vie, à l’alcoolisme, à la toxicomanie... Brigitte Wyngaarde évoque « une trentaine de suicides sur les cinq dernières années » dans les villages wayanas et « autant de tentatives ». Les Verts s’interrogent : « Pourquoi ne voit-on aucune trace dans ces villages des 400 millions d’euros que l’Europe et l’Etat ont affectés au département dans le cadre du contrat de plan ? » Au-delà du manque de moyens, Brigitte Wyngaarde dénonce le désintérêt dont font preuve les autorités publiques locales et l’Etat français envers les communautés amérindiennes de Guyane.

Plus d’infos dans la rubrique Pays Wayana.

Autre article d’Eliane Patriarca : Médecins malgré loin.

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